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Quel mode de garde pour les enfants des vétérinaires ?

Crédit photo © Studio Romantic - stock.adobe.com
La problématique de la garde de ses enfants concerne tous les parents qui travaillent. En tant que vétérinaires ou assistant·e·s vétérinaires, c’est un sujet qui peut demander un peu plus de réflexion encore ! Les spécificités de notre métier rendent vite l’équation un peu complexe, et il peut être judicieux de réfléchir à cette question très en amont. Cet article devrait vous aider à y voir un peu plus clair dans les différentes options qui s’offrent à nous.

Les contraintes de notre métier

Particulièrement si l'on travaille en clientèle, nous sommes soumis à des larges amplitudes horaires. Nos horaires de travail sont également très susceptibles de varier, d’un jour sur l’autre voire d’une semaine sur l’autre. Urgences et imprévus font partie de notre quotidien, tout comme les astreintes de nuit et de week-end. Si l’on partage la vie de quelqu’un qui exerce le même métier, ou un métier avec des contraintes équivalentes, alors on peut se retrouver face à un vrai casse-tête à résoudre. Par ailleurs, en fonction de notre composition familiale et de la proximité géographique de nos proches, nous n’aurons pas tous les mêmes cartes en main.

Quand s’intéresser aux différents modes de garde ?

Même si c’est quelque chose auquel on n’a généralement pas envie de penser tout de suite, la question devrait se poser dès la grossesse. La difficulté de trouver une place en crèche ou chez un·e assistant·e maternel·le font du temps un allié précieux. En fonction du secteur géographique où l’on se trouve, il faut compter quelques mois (voire une année !) de délai pour obtenir une réponse favorable.

Il restera toujours possible de trouver des solutions de dernière minute (on fait ce que l’on peut !), mais il faudra peut-être être plus souple sur certains critères (distance par rapport au domicile, jours de garde, prix…).

Tour d’horizon des différents modes de garde

La crèche

La crèche est une structure de garde collective accueillant les enfants de 2,5 mois à 3 ans, gérée par la ville, le département ou une association privée. Il existe plusieurs types de crèches : crèche municipale, micro-crèche (accueillant moins de 10 enfants), crèche d’entreprise, crèche familiale, crèche parentale.

La crèche publique est un établissement subventionné par l’état. Elle est dirigée par un·e directeur·ice et les enfants sont gardés par des professionnel·le·s de la petite enfance. Selon les structures et les communes, plusieurs dizaines d’enfants peuvent être gardés en même temps. Les places peuvent être assez difficiles à obtenir car les demandes sont nombreuses. Le tarif est directement calculé en fonction des revenus du foyer, et les aides sont déjà comprises dans le coût final.

La micro-crèche est une crèche privée accueillant un nombre restreint d’enfants. De plus en plus de crèches privées voient le jour, pour répondre aux attentes des parents soucieux de favoriser de petites structures, avec des horaires plus souples.

« J’ai trouvé avec la micro-crèche privée une solution de garde très satisfaisante, compatible avec mon emploi du temps chargé. Mon projet d’allaitement a été totalement respecté et j’ai pu passer le midi les premiers mois pour nourrir ma fille. L’équipe a été formidable, très patiente et aux petits soins. Malgré un environnement parfois un peu bruyant, ma fille s’est vite épanouie, et cette première expérience en collectivité a été un succès. Mon mari (non vétérinaire) venait la récupérer le soir, grâce à ses horaires de travail plus classiques que les miens. C’est une chance que nos deux rythmes puissent s’équilibrer. » Mathilde (1), 32 ans, vétérinaire mixte canine/équine.

Avec la crèche familiale, l’enfant est gardé au domicile d’un·e assistant·e maternel·le (qui est employé·e de la crèche), mais celui-ci ou celle-ci se rend au relais une fois par semaine, avec les autres assistant·e·s maternel·le·s. L’enfant découvre donc la vie en collectivité tout en étant proche du ou de la nounou qui le garde tous les jours.

La crèche parentale est gérée par une association de parents. Il est généralement demandé de participer au fonctionnement de la crèche, en assurant, par exemple, l’accueil de temps en temps, ce qui est plus difficilement compatible avec nos emplois du temps de vétos.

La crèche d’entreprise risque de ne concerner que ceux et celles dont les conjoint·e·s travaillent dans une entreprise suffisamment grande pour proposer ce genre de service. L’avantage est qu’il est plus facile de trouver une place.

L’assistant·e maternel·le

L’assistant·e maternel·le est une personne agréée qui accueille à son domicile (ou dans une maison d’assistant·e·s maternel·le·s, une MAM) jusqu’à quatre enfants de 0 à 6 ans. Il ou elle noue généralement une relation privilégiée avec les enfants qu’il ou elle garde, et ses horaires sont plus souples que dans une structure municipale. En tant que parent, on devient son employeur, ce qui implique un peu plus de contraintes administratives.

« Après un déménagement en milieu d’année, j’ai eu beaucoup de chance de tomber sur une assistante maternelle au top. Mes quelques craintes se sont vite envolées quand j’ai vu que ma fille passait de très bonnes journées en sa compagnie. Très arrangeante, c’est un confort lorsqu’on peut être amené à effectuer des heures supplémentaires au boulot. J’ai néanmoins décidé de changer pour une micro-crèche lorsqu’une place s’est libérée après quelques mois. Je trouve les activités proposées vraiment très variées et il me paraissait important que ma fille côtoie d’autres enfants. Passer par un établissement employant plusieurs personnes me sécurise, et cela limite un peu les démarches administratives. » Victoria (1), 33 ans, vétérinaire en canine.

Le·la nounou à domicile

Contrairement à l’assistant·e maternel·le, le ou la nounou ne dispose pas d’agrément pour pouvoir garder les enfants. Cette solution a l’avantage d’être très confortable pour le parent : pas de trajets supplémentaires, pas besoin de réveiller plus tôt et de préparer son enfant… En revanche, ce mode de garde est également le plus cher, à moins de pratiquer la garde partagée avec d’autres parents. Le ou la nounou à domicile peut également s’envisager pour quelques heures par semaine (après l’école, pour aider aux devoirs…).

« Avec deux enfants d’âge scolaire et un bébé gardé par une assistance maternelle, le choix de la nounou à domicile s’est vite imposé. Elle récupère mes deux grands à l’école, puis ma petite dernière, et s’occupe d’eux jusqu’à 19h30. Quand nous rentrons avec mon mari, le dîner et le bain sont faits, et il ne nous reste plus qu’à profiter d’eux avant le coucher. C’est une solution onéreuse, mais très confortable. Nous sommes moins stressés et nous passons du temps plus qualitatif avec nos enfants. » Justine (1) et Benoît (1), 38 et 41 ans, vétérinaires mixtes.

Solutions ponctuelles

Malheureusement, les imprévus arriveront bien un jour ou l’autre, et il est toujours pratique d’avoir une solution de secours, quand c’est possible. Que ce soit à cause d’une nounou malade ou d’une urgence au travail, comment s’organiser lorsque l’enfant n’a plus la possibilité d’être gardé ?

On se rend compte alors de la chance de ceux qui ont une famille proche géographiquement et prête à aider, ou bien un·e conjoint·e très flexible. C’est loin d’être le cas pour tous. Nombre de vétérinaires vivent loin de leur famille, et cela limite nécessairement le choix du mode de garde en ayant toutes les contraintes de notre métier en tête.

Pour le ou la salarié·e, il est possible de bénéficier de congés (non rémunérés) pour s’occuper de l’enfant malade, à raison de 3 jours par an (ou 5 pour un enfant de moins d’un an). Cela fait peu et ce n’est pas une solution économiquement très avantageuse, mais cela permet de se libérer très ponctuellement.


La question de la garde d’enfants reste donc assez épineuse et continuera à nourrir de nombreux débats ! Il n’y a pas de réponse toute faite ni de solution parfaite, mais les différentes options existantes devraient permettre à chacun de choisir un mode de garde en accord avec ses valeurs et ses contraintes familiales et professionnelles.

(1) Les prénoms ont été modifiés.

Astrid de Boissière,
 Vétérinaire

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