Épisode #143 - Caroline Devieilhe : Orgueil, Préjugés & Écoles privées
Caroline Devieilhe, vétérinaire (ENVA, 2009) au 🎤 de Marine
Pour Caroline, amoureuse des animaux ayant un goût prononcé pour les enquêtes, le cursus vétérinaire a toujours coulé de source. D’abord tentée par la rurale, un taureau 🐂 un peu trop démonstratif la convainc de bifurquer vers la canine. Généraliste assumée, elle veut tout faire, sans choisir. Premier poste, première claque. Pour Caroline, l’entrée dans la vie active ressemble à un bond dans le passé : radios développées à la main, fiches Bristol et gestion des stocks jusqu’à minuit, tout ça sans accès au bloc. Frustration maximale pour cette amoureuse de chirurgie, qui serre les dents un an (merci maman !) et apprend au passage la relation client, version terrain.
Deuxième round : le Graal parisien, sans gardes 🥳. Cette fois, on la pousse au bloc, quitte à lui laisser le manuel ouvert pendant une entérotomie. Stress, erreurs, mais apprentissage accéléré et naissance d’une “culture de l’erreur” qu’elle revendique encore. Elle découvre aussi que véto, c’est (beaucoup) d’humain : comprendre les “pet parents”, manager une équipe, faire la paie… la généraliste élargit son spectre.
En 2014, une annonce atypique attire son œil : directrice de clinique chez VetOne. Trois heures d’entretien plus tard, la voilà prête à parier sur un modèle encore mal vu. Elle bouscule les codes sans jamais rester dans la fameuse “zone de confort” et tout roule… jusqu’à une grossesse compliquée. Alitée des mois, elle découvre la solidarité du groupe : leçon de leadership et révélation sur la “symétrie des attentions”. Propulsée au siège, elle structure, rassure, déploie des projets et gère la crise Covid 😷. Avec le rachat par IVC Evidensia, son périmètre passe de 60 à 260 cliniques, ambiance start-up remplacée par grand groupe international. En 2024, elle quitte le géant pour retrouver son souffle entrepreneurial.
Après une pause⏳de 6 mois, Caroline retrouve vite son moteur : l’innovation. Elle décide donc de se lancer en consulting et se retrouve à accompagner le lancement du CHEV d’UniLaSalle. Son objectif : former des vétérinaires 🥼 prêts à la réalité du terrain, armés en compétences humaines autant que médicales, capables de s’épanouir durablement.
Mais le ticket d’entrée pour une école vétérinaire privée (16 000 euros par an) fait un peu tousser. La vraie question n’est donc pas seulement académique, mais économique : l’élitisme aurait-il changé de visage ? Toutes les écoles tentent d’amortir le choc financier car derrière les chiffres, il y a un sujet autrement plus brûlant : la santé mentale. Charge de travail, pression, relations avec les enseignants, dette… Le mal-être étudiant n’est plus un tabou et serait même le miroir d’un malaise plus large dans la profession 🩺.
👉 Sa réponse ? Repenser la formation. Face à la pénurie et aux débats sur les écoles privées, Caroline plaide donc pour la curiosité plutôt que les procès d’intention. L’enjeu n’est pas tant le statut que le contenu : préparer au terrain, valoriser la médecine générale et apprendre à travailler en équipe. Bref, former autrement pour exercer mieux. Car demain, entre crises sanitaires et monde ultra-changeant, la profession devra forcément s’adapter, sans perdre le nord… ni le sourire 😄!
🔗 Liens de l'épisode :
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Création : Marine Slove - Production : TÉMAvet - Hôte : Marine Slove - Enregistrement : Marine Slove - Montage : Stéphanie Patiny - Textes : Annabelle Orszag - Musique : Chocolate Cookie Jam - An Jone